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 Il est l'or, monsignor...

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MessageSujet: Il est l'or, monsignor...   Il est l'or, monsignor... Icon_minitimeJeu 13 Nov - 4:43

[PV: Abel]

Ludwig était le bras droit idéal.

Un violiste digne de ce nom est un artiste accoutumé au fait de devoir accompagner des chanteurs ou d'autres musiciens. Ecoute, empathie, partage, mais surtout... un pilier rythmique et harmonique permettant aux autres voies de déployer leur mélodie, une base afin de valoriser ceux que l'on entend plus aisément de prime abord.

Or la psyché de Ludwig avait été façonnée en partie par cet amour porté à son instrument. A l'aise dans ce lent tempo sans fioriture où se coulait son existence, l'Ofanim aimait sa place. Climat tissé d'ombres et de feuillages miroitants, jeux de lumière et de hasard, de vitraux forestiers en ces vertes allées, le lamia préférait de loin ces douceurs aux feux de rampes éphémères où se plaisait tant celui qui avait par le passé désiré sa mort.

Oh, il ne lui en voulait pas.
Non, Abel avait toujours adopté un comportement typiquement "humain", ironie de la vie rattrapant celui se défendant de sa propre humanité. La puissance, la beauté, la richesse, la gloire... Comment le sire Zerach aurait-il pu rester de marbre face à ce qu'il avait si ardemment souhaité?

Etait-il déjà perverti au départ ou les jeux du pouvoir eurent-ils raison de cette créature ambitieuse?
Ludwig n'aurait su le dire et ne cherchait pas à percer le mystère Zerach, peut-être dans l'espoir que son supérieur le laisse tranquille en lui rendant la pareille.

Mais il avait pris un risque.
Ce soir où, mêlant aux sanglots de la crépusculaire aurore les accents vibrants d'une musique faîte pour rejoindre les nuages étiolés en cette mélancolie languissante, il avait dévoilé un pan de vérité.

La porte était à présent refermée.
Abel chercherait-il à rogner l'ouverture, arracher le battant protecteur?
Cela ne le regardait pas et pour tout dire, Ludwig se fichait pas mal que l'Archange cherchât ou non à le faire.
Il était là pour travailler.

Assiah était sa cité.
L'avait-elle toujours été?

Oh, que dire lorsque le havre berçant notre coeur repose peut-être au fond d'un tombeau? Que répondre lorsque au mot foyer nous revient l'image d'une douillette maisonnée au feu ronflant et aux regards balbutiants si loin du parterre fleuris étalés sous les vitres de l'orgueilleuse tour d'ivoire?

Assiah...
Il y était né, et quoiqu'il eût par son exil cherché la paix ailleurs, l'humble érudit savait qu'il finirait tôt ou tard par revenir ici. En ces bras de sable il avait abandonné July, enterré sa jeunesse et une part de son passé. Il n'était plus temps de regretter ou douter: les choix avaient été faits, sa barque menée par delà l'océan périlleux et changeant du temps...
Il devait agir à présent.

Que tous ces orphelins, ces hommes qu'il avait tant haïs mais qui lui avaient tant donné puissent reconquérir grâce à lui leur liberté.



Le regard voilé, l'Ofanim laissa dériver sa pupille un instant sur les dossiers prêts à être examinés, ne tenant pas compte de la main aux doigts trop fins caressant la surface du bureau à côté du papier.
Vêtu sobrement comme toujours, le lamia avait depuis longtemps délaissé la futile excentricité pour lui préférer une véritable élégance...
Celle du coeur.

Un pantalon et une tunique noirs aux tissus soyeux coulaient leur drapés le long de sa silhouette efflanquée sans rien révéler. Les manches d'un premier haut rognaient le dos de la main d'un triangle en moulant le poignet, tandis que celle d'une sorte de toge aux liserés argentés s'évasait telle une rivière se divise autour d'un rocher pour mieux se rejoindre, au niveau du coude maigrelet du gentleman. Une ceinture, noire toujours, presque invisible alors que retombaient légèrement sur ses cordons les plis du vêtement, laissait deviner la finesse de la taille sans toutefois faire connaître son exact pourtour.

Une bague en argent était son seul ornement.

Levant les yeux soudain, Ludwig sourit soudain.
Fort de ses compétences, solide et déterminé, il était prêt à travailler.
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Abel C. Zerach
Archange de Zion
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Abel C. Zerach


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MessageSujet: Re: Il est l'or, monsignor...   Il est l'or, monsignor... Icon_minitimeJeu 13 Nov - 19:49

Un léger sourire vint ourler la commissure des lèvres charnues de l’Archange lorsqu’il entrouvrit la porte du bureau de son Ofanim. Qui ne cilla point, tel un rêveur absorbé tout entier par les sphères d’Onirie à un point tel que la rumeur du réel n’avait plus prise sur ses sens. Le regard d’Abel s’attarda quelques secondes durant sur ce visage juvénile, qui dissimulait tel un masque grec des aptitudes surprenantes à la gestion des affaires les plus épineuses. La douceur naturelle de ses traits par contre… se retrouvait jusque dans sa manière toujours digne d’un gentleman d’user d’une diplomatie totalement obséquieuse – mais tristement nécessaire – dans l’exercice de l’art délicat du ménagement des egos.

Était-ce que ce caractère accommodant lui était aussi naturel que ne l’était à son patron celui de se montrer quasi invariablement ironique ? Se dissimulait-il l’angelot, derrière le paravent fallacieusement séduisant de la politesse et des bonnes mœurs ? A ces questionnements, nulles réponses n’étaient distillées au lamia au cours des entrevues quotidiennes des deux hommes.

Mais l’éternelle attitude dans laquelle il le trouvait plongé à chaque fois derrière son pupitre…

Une image entre le sérieux amidonné d’un comptable – sourcil arqué et moue dédaigneuse à l’anglaise – et l’enthousiasme candide d’un jouvenceau pétri d’idéalisme. C’était cette vision précise qui fit imperceptiblement sourire l’Archange.

Une fois de plus.

Avant qu’il n’envoie brutalement valser et claquer la lourde porte contre le chambranle de bois massif dans laquelle elle évoluait au gré des allées et venues des employés de Babel Corp.

" Réveille-toi, Aurore, ma douce ! Le prince charmant a bravé les mortels entrelacs de ronces entourant ta couche pour parvenir jusqu’à toi, princesse alanguie de sommeil."


Par mortelles ronces, la voix gentiment railleuse que l’Archange adressait à son employé entendait les abrutis d’actionnaires systématiquement pendus à ses basques, et surtout à ses poches, tous les matins du monde. Conseil d’administration aux matines, chant assommant de la routine. Proverbe propre au dirigeant de Zion et qui jamais malheureusement ne se démentait. Fort heureusement, l’ennuyeuse compagne était repoussée séance tenante par le rendez-vous suivant avec l’Ofanim. La perspective de travailler avec quelqu’un qui se foutait comme de l’an quarante des basses questions de profit malgré ses airs de bureaucrate, ravissait monsieur Zerach.

Le toisant depuis le côté opposé de la pièce, sa mémoire s’aiguillonna au contact visuel avec la silhouette androgyne de son bras droit. Quelques notes s’ajoutèrent mentalement au silence qui flottait paisiblement aujourd’hui au sommet de l’Etemenanki…

Il revoyait le poignet à la pose virtuose se jouer de l’archer. Entendait comme si le musicien les faisait planer en ce moment même, les premiers accords d’une mélodie jouée pour lui, pour une vie…

La scène s’était tenue trop récemment pour que l’Archange l’ait occultée à la faveur du temps assassin. Malgré la rigueur de leurs occupations journalières, ce cadre strict dont Ludwig ne s’écartait plus jamais avec la même impudeur que lors de ce qui précéda son accession au plus proche d’Abel Zerach… professionnellement parlant. Malgré cela, l’homme se souvenait.

Un récital. Une profession de foi. Ce que l’on entrevoit d’une âme, d’un idéal, voilà ce qui fait Loi.

Oui, Ludwig aussi se cachait. Dans l’ombre de son tyrannique patron. Derrière ses airs de subordonné docilement soumis. Ce souvenir le lui rappelait et tous deux en avaient conscience. Continuellement. Tout comme aucun d’entre eux jamais ne le mentionnait. Jusqu’à ce que…

Qui sait ?

Abel aurait volontiers enclenché le mécanisme de la chaîne hi-fi pour faire résonner pleinement les volutes sonores du morceau qu’avait offert le violiste à ses oreilles cette nuit là et qu’il réécoutait souvent, juste pour observer un infime sursaut dans le fond noir de ses prunelles égales. Une passe d’arme que lui seul connaissait et pouvait utiliser pour égratigner le jouvenceau coincé. Était-il temps ? Désirait-il d’ailleurs lui faire savoir comme ce qu’il avait capté durant ce concert privé l’intriguait ?

Peu importe, songea-t-il en laissant disparaître au néant l’incongrue sincérité du sourire qui peignait le rose de sa bouche. Ils ne se trouvaient pas dans ses appartements et ce seul fait servait de réponse. Pour l’instant.

Reprenant ses atours impériaux et la constance altière qui allait de paire, l’Archange mena sa haute silhouette tirée à quatre épingles jusque sous le nez mutin de Ludwig. S’assit avec nonchalance sur le rebord du bureau, jambes toute en longueur et croisées. Puis il se courba légèrement, tournant par-dessous la perle de ses prunelles vers son partenaire et fit entendre à nouveau les accords sombres du timbre de sa voix :

"Un baiser, ma mie ? Ou l’ordre du jour est-il si dramatiquement important que les plaisirs s’en voient une fois de plus différés ?"

L’humeur patronale était anormalement badine en ce début de journée, mais la rigueur de son regard s’opposait tout à fait à son phrasé quelque peu provocant.

Où se trouvait donc la Vérité ? Et qui s’en souciait dans ce monde de dégénérés ?

Sans doute pas l’Ofanim à propos d’apprendre si oui ou non son patron lui faisait sérieusement du gringue tout à coup.

Mais enfin, était-ce une raison pour s’enfermer lui aussi dans humeur étrangère à toute fantaisie, quand pour une fois, il se sentait enjoué ? Aucune intention de bouder son plaisir à le voir après l’interminable ronde monotone des pingouins du grand capital. Abel attendait simplement, sereinement, les yeux fixés sur lui, que la conscience professionnelle ne zappe ces réparties cavalières en faisant sa désormais classique entrée en scène. Et qu’il ne débite, non sans intérêt réel, les affaires à traiter…

… en dépit de l’étrange caractère qui animait semblait-il son lunatique patron à cette heure.
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MessageSujet: Re: Il est l'or, monsignor...   Il est l'or, monsignor... Icon_minitimeJeu 13 Nov - 21:36

Cela...
Pour arquer le sourcil, Ludwig était devenu expert en la matière. Néanmoins un soupçon, que dis-je! un éclair _si fugitif qu'il aurait pu aussi bien ne pas exister_ d'amusement sembla faire rutiler les ténèbres qui servaient de prunelle au lamia soit-disant "coincé"


"L'importance n'est pas forcément dramatique; j'ai d'ailleurs bon espoir que nos projets visant à l'élévation et la libération de l'homme se voient récompensés."

Il croyait dur comme fer à ce qu'il disait.
Il ne servait strictement à rien de se lancer dans de grandes entreprises si c'était pour les rêver sans jamais rien accomplir.

Quant aux salutations originales de son patron...
Ma foi, il se foutait simplement ouvertement de sa gueule. Telle était l'opinion de l'Ofanim qui préférait ne pas se laisser distraire par ce genre de questions tout à fait secondaires, malgré un léger... mécontentement? à se voir appeler princesse.

Il laissa passer, habitué qu'il était à ce que l'on mette en doute son identité.

Ouvrant le premier classeur, à peine l'Ofanim eût-il lu la première page qu'il savait déjà de quoi ils allaient parler.
Merci papa de m'avoir autant martyrisé avec le par coeur.

En parlant de coeur d'ailleurs, eût-il laissé s'exprimer le sien qu'il aurait bondi et s'agitant en tout sens aurait noyé l'Archange sous un flot d'informations. Mais comme, à cette ardeur juvénile, s'alliait une conscience professionnelle digne d'un maniaco-perfectionniste, Ludwig se contenta de décroiser les jambes, se racler la gorge avant de se lever, lentement et avec dignité.

Mettant entre lui et son supérieur une distance respectable, l'air de rien et surtout pas de fuir, nul n'aurait su dire si effectivement Ludwig avait été mal à l'aise face à la promiscuité du sieur.
Déjà, organiser et ordonner sa pensée.


"Il est des débats que vous devez mener plus volontiers avec votre directeur de recherches, néanmoins je me permets de porter ce sujet à votre attention puisqu'il semble en bonne voie pour conclure. A vrai dire, je ne me serais pas permis de vous faire perdre votre temps sans le dernier rapport dudit directeur."

Une pause, pour permettre à l'Archange d'emmagasiner cette entrée en matière et ménager ses effets. Structurer son discours afin de ne pas perdre l'auditeur: c'était non seulement nécessaire mais vital au vu de l'affaire.

"Je vais tâcher d'être clair, malgré les divers problèmes soulevés par ce projet ambitieux."

Pause à nouveau, plus courte cette fois, malgré son coeur dont le battement se faisait soudain plus distinct.
Oh oui, c'est qu'il y croyait vraiment à ce qu'il faisait...


"Les malachims travaillent à la création d'une nouvelle espèce, vous le savez.
Les Terachs furent mal reçus, ne parlons pas des lamias... Il y a fort à parier que ces créatures ne feront pas l'unanimité.
Néanmoins... en oeuvrant habilement, je suis persuadé que tout peut bien se passer."


Le terrain allait devenir dangereux pour lui mais qu'importe...
Dans tout combat il faut des sacrifices... et qui dit sacrifice dit sacrifié.


"Je connais bien la Bible, pilier de notre pensée judéo-chrétienne, et pour cause: les philosophes, ces hommes paradoxaux qui adorent se disputer, se sont longtemps opposés en parlant qui de Dieu, qui de la religion.

La Bible est en soi un paradoxe. L'Ancien Testament met en exergue un Dieu tout puissant, exigeant envers l'homme et implacable tandis que le Nouveau Testament fait plus volontiers honneur à la Sainte Trinité... Compréhension, Pardon, Amour...

Les théologiens eux-mêmes ne sont pas toujours d'accord sur l'interprétation des textes sacrés et je pense que l'on peut jouer là-dessus, sans toutefois tomber dans une forme de provocation brutale qui nous précipiterait à nouveau vers un conflit, diplomatique ou pire... armé."


Bon, ne pas perdre de vue le propos...

"Si l'on parvient à faire croire à une mutation ou évolution naturelle de l'espèce humaine, nous sommes dans la continuité de la création de Dieu, s'il tant est qu'il existe bien sûr. Dans ce cas, les malachims devront tenter de rester au plus proche du métabolisme humain mais y inclure une amélioration génétique.

Néanmoins, vous vous souciez peut-être autant de l'opinion publique que de l'an 40 et dans ce cas les chercheurs auront la possibilité de partir dans toutes les directions.

Dans le premier cas de figure, les recherches sont orientées; dans le deuxième, se posera la question du budget et des limites, si limite il y a. Ces points regardent principalement le directeur des recherches, néanmoins il est de mon devoir de prévenir certains risques ou débordements.

Je me dois donc de discuter avec vous la façon de procéder: faut-il rendre d'ores et déjà la nouvelle publique? Au contraire, ménager un effet de surprise mais "disposer" la population en faveur d'une nouvelle race grâce à... je déteste user de ce genre de stratagème, mais la fin justifie parfois les moyens.... grâce à d'habiles manipulateurs? Au contraire, compter sur l'intelligence éveillée des médias et croire malgré tout en l'humanité?"


Une pause, plus longue à nouveau, permettant à l'Ofanim, non pas de reprendre son souffle puisque son débit était relativement constant et posé, non pas de calmer son ardeur puisqu'il ne s'était en aucune façon laissé emporter par un enthousiasme déplacé...
lui permettant de se préparer.

Cherchant le regard d'Abel, Ludwig dût peut-être, dans un coin reculé de sa conscience, se traiter de fou mais il était de cette trempe d'hommes auxquels la lâcheté fait horreur et qui, sans mentir ni tromper, ne dévoilent pas à n'importe qui ni à n'importe quel moment le fond de leur pensée.

Il en faut du courage pour être sincère...
Et tandis que le récent lamia trouvait le bon équilibre entre force et fragilité, faire preuve de franchise sans pour autant abaisser ses barrières, il finit par plonger sa prunelle dans celle de son aîné.


"Vous savez que vous pouvez compter sur moi monsieur. Si quelqu'un doit se lancer à l'assaut de l'Amariah lors de joutes verbales, je suis certainement le mieux placé, sans vouloir vous offenser.
Vous avez l'argent et le pouvoir, et trop de gens dépendent de votre générosité pour que je vous laisse prendre ce risque.
Non, si une tête doit tomber, ce sera la mienne: je l'ai su dès que j'ai reçu le privilège de vous seconder. Et si, pour voir éclore une nouvelle espèce pleine de promesses je dois me sacrifier alors...
Ce sera sans hésiter ou regretter."
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MessageSujet: Re: Il est l'or, monsignor...   Il est l'or, monsignor... Icon_minitime

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